Pour ravir
le trophée Phileas Fogg, Samson Le Gonidec, un officier
de la marine marchande, plus habitué aux ports asiatiques
et aux porte-conteneurs gigantesques, va relever le défi
d'une course en solitaire à la voile autour du monde.
Capitaine
au long cours et officier du Mérite maritime, Michel Bougeard,
qui écrit régulièrement pour la presse maritime, nous livre
ici son premier roman.
Dédicace
de l'auteur :
Ecrire " Le
damné de Pennou-Pell " fut une bien belle aventure et un
réel plaisir. Son enfantement dura neuf mois au cours desquels,
chaque jour, je m'empressais de rejoindre mon héros, skipper
d'un trimaran géant, m'embarquant à ses côtés dans sa course
lointaine et ô combien insensée. Passionné de voile et las
de la navigation routinière à la barre de son super porte-conteneurs
entre l'Europe et l'Asie, Samson Le Gonidec, prit une année
sabbatique et sympathique pour réaliser son rêve : ravir
le trophée Philéas Fogg, cette course en solitaire à la
voile, contre la montre, autour de la planète bleue en doublant
les trois caps mythiques. Talentueux et orgueilleux il voulait
aussi prouver à ses frères et amis que ce malencontreux
manque à virer il y a vingt ans, par sa faute, de la bouée
Pennou-Pell lors d'une régate de sinistre mémoire en mer
d'Iroise était un faux pas sans gravité. Il y avait pourtant
prescription !
La damnation
supposée et imméritée qui le tourmentait, n'était plus de
mise.
Ce défi d'écriture
me tenaillait depuis toutes ces années passées à contempler
la mer sur la passerelle de mon navire câblier. Je savais
qu'un jour, à l'heure de la retraite lorsque, à contre cœur,
je raccrocherai mon sextant, il me faudrait combler le vide
de cette mer confisquée, en prenant la plume et m'évader,
avide de reprendre le large par le rêve.
Il m'importait
de faire partager aux lecteurs et lectrices mon amour du
grand large, ce bonheur absolu d'être en mer, ce désir de
bonne aventure au cours d'une histoire rocambolesque et
joyeuse.
L'intention
de divertir avec une grande bouffée d'air pur, était noble
mais commencer cet exercice par un roman était une gageure
dont je n'eus fort heureusement pas conscience, tant cette
fiction originale et jubilatoire m'était aisée à conter.
Le scénario
me vint à l'esprit quelques années auparavant quand au cours
d'une pose d'un câble sous marin, se produisit un incident
fort heureusement peu habituel. Je m'étais dit que si cette
infortune de mer arrivait à un " voileux " solitaire, en
pleine course contre la montre, il aurait bien du souci
à se faire pour la suite de son périple circumplanétaire
à mener rondement!
C'est exactement
ce qui arriva à Samson…Après avoir battu un premier record
intermédiaire entre l'île d'Ouessant et l'équateur, avalé
en moins de six jours et traversé le pot au noir sans encombres,
il découvrit soudain le pot aux roses !..
Ce livre est
une épopée romantique qui ne sent pas la guimauve mais l'iode
de la brise marine où les pages sont collées par le salin
des embruns, une longue route qui mène toujours plus loin
dans ces grands espaces liquides et ces vastes horizons.
Samson résistera-t-il aux chants des sirènes qui vont croiser
son chemin ? Là est la question…
Michel Bougeard